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Les légendes bretonnes de Ploudalmézeau

La légende de Lestremeur

A Lestremeur, il y avait un lutin qui était bon à quelque chose.

Aussitôt que l'eau diminuait à l'étang, on le voyait se diriger immédiatement vers le pont de Kervizin, un bonnet rouge sur la tête et il restait là en faction jusqu'à ce qu'on lâchat les écluses à Kervizin. Aussitôt, il prenait gravement le chemin du moulin de Lestremeur, sifflant de manière à être entendu à 9 km tout à l'entour.

Mais aussi, malheur au meunier, si après avoir été aussi bien averti, il n'était pas à son poste. Quand arrivait "Peotr ar bonnet ruz", il trouvait un gros gaillard de chaque côté de la porte du moulin. Quand le messager d'outre-tombe donna le signal, il paya fort cher sa négligence. On parle même de 2 ou 3 d'entre eux qui furent tellement rouées de coups qu'ils en perdirent la vie.

Une autre légende concernant Lestremeur rapporte que le meunier avait nuit et jour, de ces "paoted ar sabbat" à ses côtés, tantôt quand il travaillait à son moulin, ils étaient là prenant son bonnet et jouant avec lui comme des enfants, tantôt, c'était un tintamarre comme si le moulin allait voler en éclat.

D' autre fois cela prenait un tour plus sérieux. On entrait dans le moulin quoique tout fut bien fermé. Un jour fatigué, le pauvre meunier se mit en devoir, la pelle à la main, de monter la garde, bien décidé à frapper ce qu'il verrait entrer. Il était depuis quelques temps en faction à la porte quand il vit une araignée étendre ses longues jambes il frappa bien vite et sur la pelle, il vit 2 doigts coupés avec un anneau d'or sur l'un des doigts. Le lendemain, il apprit que la demoiselle du château était malade.
Elle guérit mais désormais, on remarqua qu'il lui manquait 2 doigts à la main gauche, ce qui dit-on, donna à penser au meunier.

La légende de l'île Carn ou le Domaine du seigneur aux oreilles de cheval

On raconte qu'un château s'élevait autrefois sur l'île Karn. Celui-ci appartenait au seigneur Karn, dont la domination s'étendait sur une grande partie du pays. Il vivait solitaire dans son île et faisait appel à des jeunes gens du continent pour le raser et lui couper les cheveux. Mais jamais aucun d'eux ne revenait.

Un beau jour, un garçon intrépide nommé Losthouarn, du village de Pen-ar-Pont, résolut d'être le prochain barbier.
Il partit dans un petit bateau avec deux de ses amis du même village, auxquels il recommanda de ne pas trop s'éloigner de l'île pendant une heure après l'avoir débarqué.

Dès qu'il se retrouva en présence du seigneur Karn, ce dernier lui ordonna, d'une voix terrible, de le raser. En même temps, il ôta sa coiffure et Losthouarn vit que le seigneur avait des oreilles de cheval. Sans s'émouvoir, le jeune homme commença sa besogne.

Puis, comprenant que tous les autres barbiers avaient été tués de peur que l'étrange particularité du seigneur ne fut dévoilée, il lui trancha la gorge d'un vigoureux coup de rasoir. Il sortit ensuite du château et rejoignit ses amis sans que les gardes, surpris de la voir revenir sain et sauf, n'aient songé à l'arrêter.

En fait de château, l'île Karn abrite un monument mégalithique funéraire à trois chambres dont la construction tourne autour de 4200 ans avant J.C.

La légende du Rocher du Serpent

Sur la plage de Tréompan où se trouve le Rocher du Serpent, il y eut autrefois de sombres drames. Un dragon effrayant qui ne ressemblait en rien à ceux rencontrés autre part, y vivait et dévastait la contrée.

Il corrompait les jeune filles et les entraînait à leur perte. D'étranges maladies surgissaient à son contact, dégradaient les corps et décimaient les jeunes gens qui l'approchaient volontiers, car il savait moduler, quand il le voulait, une voix mélodieuse qui troublait même les sirènes.

C'est alors qu'un jour, un barde intrépide osa le braver et aller à sa rencontre. D'abord, il se servit de sa harpe pour le séduire mais le serpent se mit à gronder d'une façon épouvantable et à menacer l'intrus d'une langue de feu terrifiante. Alors, un prêtre vint, suivi d'un frêle enfant de chœur. Quand il le vit, le serpent roula dans sa face longue et sinistre de gros yeux étonnés. Le prêtre voulut profiter de ce premier avantage et se mit à l'exorciser en prononçant ses malédictions en latin mais, oh stupeur, le hideux serpent se mit à rire, rire si fort que les maisons de tout le Léon tremblèrent jusqu'à Coat-Méal.

- Deuz-ta, ricana-t-il, deuz ta da c'hoari ganémé(1) et parle-moi breton au moins !, ironisa en français le serpent ; peut-être alors, je te comprendrai. Je n'ai jamais été au séminaire et je ne m'en porte pas plus mal.
- Ah ! tu ne t' en portes pas plus mal, répliqua le prêtre, malgré lui piqué au vif. C'est ce qu'on va voir.

Et il se mit à genoux, en prières, le serpent immobile, le regardait et souriait dans ses moustaches de grand félin perfide.

- Allons, c'est l'heure, commanda le prêtre à l'enfant de chœur.

Ensemble, d'un bond ils se levèrent, tracèrent un grand signe de croix qui fit brusquement reculer la bête dans son antre mais l'enfant courut, rapide, et lui jeta violemment dans les yeux deux poignées d'eau bénite.

Un véritable rugissement de douleur secoua alors la grève. Ainsi encouragé par l'intervention divine, l'enfant redoubla son attaque, inondant véritablement tout le corps de la terrible bête qui se débattit encore une fois et fendit les parois de son repaire. A bout de souffle, elle se coucha sur le sable et parut mourir. Mais elle n'était qu'évanouie ! L'enfant saisit cependant promptement l'occasion qui s'offrait à lui, détacha de sa propre autorité l'étole du prêtre et, l'enroulant autour du cou de sa victime, il l'entraîna, magnétisée jusqu'au bord de la mer où elle se réveilla soudain au contact des vagues.

Mais l'enfant veillait ! D'un geste large, il jeta de nouveau de l'eau bénite et encore de l'eau bénite en faisant 3 fois le signe de la croix.

Ce fut la fin ! Les brûlures du monstre étaient si vives, le feu de ses plaies si ardent que l'eau se mit à bouillonner. Le serpent s'enfonça peu à peu dans la mer. On vit sa longue échine disparaître puis sa queue qui battit l'air comme celle d'un grand marsouin harponné.

Ce fut à ce moment un long cri de triomphe sur toute la grève et les cloches de cinq villages se mirent à carillonner à gorge éperdue. Puis, comme les étoiles s'allumaient au ciel, chacun s'en retourna chez soi, heureux, enfin soulagé de l'affreuse menace qui pesait sur tout le pays.

Durant la nuit, on commenta sans fin les exploits du petit Pierrick qui avait jugulé le fauve redoutable et par-dessus tout, on louait la bonté de Notre Seigneur et Madame Marie qui avaient permis de terrasser le paganisme qu'incarnait manifestement ce dangereux plésiosaure.

Le lendemain, une grande surprise attendait les riverains de Tréompan et tous les spectateurs. En face de la grève s'était élevé depuis la veille un énorme rocher semblable à un petit Gilbratar. D'où pouvait venir cette pierre géante hier inconnue ?

Parbleu ! Ce ne pouvait être que les dernières convulsions sous-marines du monstre.

Sur les indications pressantes du vénéré recteur, on nomma l'île Enez Kroza (l'île de Croix), mais le bedeau qui fut chargé de bannir la nouvelle sur la place du bourg prononça maladroitement le mot. Tout le monde ou presque, entendit Enez Kroz et ce nom approximatif lui resta. On comprit mieux la faute du bedeau quand à la fin de son harangue heurtée, trébuchante, il enleva son chapeau à guides et cracha dedans la chique qui était restée collée à son palais.

Enez Kroza ou Enez Kroz(2) en définitive peu importe, puisque mieux que les tumulus romains ou celtiques, elle attestera désormais devant les temps futurs la défaite du dragon, fis de Satan, par la douceur chrétienne.

(1) : Viens donc ! viens donc jouer avec moi.
(2) : Kroz veut dire en breton : le rude, le bourru. C'est aussi un murmure.

Les Sanzay de Pratmeur

Le manoir de Pratmeur est l'un des plus anciens de la région de Ploudalmézeau. Plus que le bâtiment, ce sont certains de ses propriétaires, les Sanzay, qui retiennent l'attention.
Leur devise était « Sans aide » et ils ont laissé de bien mauvais souvenirs.

D'origine poitevine, cette famille s'établit à Ploudalmézeau lors du mariage de René avec Renée Rannou. René était le frère d'Anne de Sanzay, comte de la Maignane et émule du terrible La Fontenelle.

René eut quatre fils qui, selon la tradition, mettaient à mal femmes et filles des alentours, Des représailles furent toutefois menées. Douze hommes se seraient ainsi déguisés en femmes pour se rendre à une veillée. Les Sanzay arrivèrent mais furent surpris, car ce furent les dits hommes qui leur tombèrent dessus. Les frères tentèrent de s'enfuir, mais en vain. On administra à l'un d'eux une si sévère correction qu'il en mourut. Il fut enterré au bord. de la grand' route.

En outre, les Sanzay étaient accusés d'entretenir des rapports avec le diable. La légende veut en effet que l'un d'eux s'en allât tous les soirs s'ébattre dans les salons parisiens, et qu'il revînt au, petit matin. Il lui serait même parfois arrivé de faire l'aller-retour en un temps qui permettait à peine de faire rôtir deux pigeonneaux...

Cette famille de sinistre mémoire, toujours en procès, demeura à Pratmeur jusqu'à la Révolution. Criblée de dettes, elle dut vendre le manoir et se retirer à Gouesnou.

Le Rocher du Diable (ROC'H AN DIAOUL)

Des moines venus des quatre coins du Léon se réunissaient dans la chapelle de Loc-Majan. Mais le diable s'était dissimulé sous le nom de "Huan" parmi eux. Il commença à semer le trouble dans l'esprit des moines. Cependant saint Hervé demanda à Huan de tracer une croix et de l'adorer. Huan refusa, il se fit ainsi démasquer et voulu fuir. Arrêté, il fut précipité dans la mer du rocher qui porte désormais son nom.